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La métrologie dans l’ISO 9001 : 2015

L’ISO 9001 s’est rapidement intéressée à la métrologie. En effet, la qualité de la production ou du service est souvent validée par une mesure. Il devient donc nécessaire de s’assurer que cette mesure est fiable.
Malheureusement cet intérêt pour la métrologie s’est limité, au cours du temps, à l’instrument de mesure. Or, l’instrument de mesure n’est qu’un élément dans l’incertitude de mesure : il ne peut garantir à lui seul la fiabilité du processus de mesure. Mais il est tellement « simple » à gérer (envoi périodique en laboratoire d’étalonnage) que les industriels et les auditeurs s’en sont contentés pendant de trop nombreuses années.

En quoi la version 2015 peut-elle changer les choses ou du moins réorienter la réflexion ?
L’approche par les risques qui était implicite dans la version 2008 devient, dans cette version 2015, essentielle à l’obtention d’un système de management de la qualité efficace (§0.3.3)

Quel lien avec la métrologie ?
La métrologie est la science de la mesure au sens large et ne se limite pas à la gestion d’un parc de moyens. Il faut s’intéresser au risque amené par la mesure. Un résultat de mesure n’est jamais juste. Il y a toujours un doute lié à l’imperfection de la mesure, modélisé par l’incertitude de mesure. Or il est impossible d’évaluer ce doute uniquement avec des informations sur l’équipement, il faut s’intéresser à l’ensemble des éléments intervenants dans le processus de mesure, les fameux 5M (Milieu, Méthode, Mesurande, Main d’œuvre et Moyen).

Image Article CD 1

Ce doute lié à l’incertitude de mesure, fait naître un risque sur la décision prise en fonction du résultat de mesure. Ce risque est de 2 natures : le risque d’accepter à tort une pièce conforme (appelé risque client) et le risque de refuser à tort une pièce conforme (risque fournisseur). Ces 2 risques évoluent en sens inverse, c’est-à-dire que si je travaille à diminuer le risque client, j’augmente nécessairement le risque fournisseur.

Image Article CD 2

Par habitude, l’industriel favorise la diminution du risque client (et néglige le risque fournisseur). En effet on cherche à tout prix à ce que le client soit satisfait au niveau technique et on finit par en oublier le coût.
L’ISO 9001 réoriente la notion de risque en y associant le terme d’opportunité (§6.1). Cela peut se traduire de la manière suivante au niveau de la métrologie : il ne suffit plus de se focaliser sur le risque de non-conformité du moyen et de limiter ce risque à tout prix (au sens propre et figuré). Il faut aussi s’intéresser à comment un risque raisonnable sur la mesure peut permettre d’améliorer les choses, de fournir des opportunités. Par exemple l’utilisation d’un moyen moins performant peut permettre un gain général par la maintenance facilitée, une fiabilité plus grande, une utilisation moins complexe, … Ou bien, la diminution du risque fournisseur au dépend d’un risque client positionné à un niveau connu et maîtrisé peut réduire les coûts globaux et améliorer la compétitivité.
L’ISO 9001 n’est pas en soi une révolution, elle ne fait que renforcer un concept qu’elle défend depuis longtemps mais qui n’a pas toujours été compris dans son ensemble : la gestion de risque. Le bon sens du métrologue qui parfois a été mis à mal par des contraintes drastiques de réduction de non-conformité, peut retrouver toute sa légitimité en s’appuyant sur les recommandations de l’ISO 9001 et en démontrant les opportunités que font naître son expérience et sa compétence métier.

Afin de bien comprendre en quoi la version 2015 de l’ISO 9001 peut changer l’intérêt pour la métrologie, Deltamu vous propose plusieurs formations d’une journée dans plusieurs villes de France : découvrez le Tour de France de la Smart Metrology 2016.

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