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Formation Modélisation

Deltamu organise la première session de formation « officielle » à la nouvelle définition du V.I.M concernant le mot Etalonnage.

Jusqu’à cette évolution, un étalonnage se limitait à un tableau de valeurs dans lequel le laboratoire présentait, sur les quelques points qu’il avait « observés », les écarts entre « Valeurs Etalons » et « Valeurs Indiquées » par l’instrument. Évidemment, il devait également indiquer l’incertitude sur ces écarts, incertitude due à tous les facteurs imparfaits participants à l’étalonnage. En procédant ainsi, et d’un point de vue strictement « formel », le raccordement de l’instrument n’était effectif que sur les points étalonnés. Aucune information n’était en effet donnée sur les autres points de mesure, l’utilisateur ne sait pas ce qui se passe sur les valeurs qu’il mesure en dehors des points d’étalonnage…
Note : Le lecteur n’aura qu’à se reporter à ses tous derniers certificats d’étalonnage pour constater que j’écris ici au passé alors que rien n’a encore concrètement changé à ce jour…

En 2008 (déjà !), le J.C.G.M WG2 a publié une nouvelle version du Vocabulaire International de La Métrologie dans laquelle le mot « Etalonnage » subit une forte évolution. En effet, depuis cette date (5 ans déjà !), l’étalonnage ne se limite plus à un tableau de valeurs mais doit également informer l’utilisateur quant à une éventuelle correction qu’il conviendrait d’appliquer en tout point de l’étendue de mesure.
On peut schématiser cette évolution de la façon suivante :

Le Collège Français de Métrologie (CFM) s’est saisi de cette évolution dès 2009. Il a mis en place un groupe de réflexion pour aider les « étalonneurs » à mettre en œuvre cette nouvelle définition. Je me suis personnellement très investi dans ce groupe de travail dans lequel j’ai défendu des positions établies depuis longtemps (Lire notamment).

En effet, je réfléchis depuis toujours à cette question car les étalonnages, tels que pratiqués aujourd’hui, c’est à dire en quelques points du domaine de mesure, me semblent parfaitement absurdes. Cette pratique  correspond bien à l’objectif de la Métrologie Légale (pour tout le monde pareil, du vendeur à l’acheteur, du Marseillais au Lillois) de garantir la Loyauté des échanges commerciaux mais il ne peut pas, objectivement, répondre à l’exigence industrielle de garantir, quant à elle, la Fonctionnalité.

Au final, si les choses se passent bien aujourd’hui, nous pouvons simplement remercier les fabricants d’instruments de mesure car c’est bien eux, finalement, qui assurent en réalité la traçabilité des mesures en faisant en sorte que, sur la totalité de son étendue, l’instrument soit homogène et ne raconte pas trop de bêtises !

 

Les choses changent enfin et le JCGM a bien fait de faire évoluer le terme. En effet, à quoi sert une information limitée à quelques points de l’étendue de mesure ? Ainsi, le CFM a bien fait de proposer, via son guide sur la Modélisation (Application du nouveau concept d’étalonnage du VIM 3) des outils pour aider les « étalonneurs » à respecter cette nouvelle exigence. Personne ne peut plus maintenant s’abriter derrière une certaine complexité, voire opacité, pour ne pas mettre en œuvre cette évolution. Par ailleurs, le CFM met gratuitement à la disposition de qui le veut une application Excel, développée par Deltamu, pour réaliser les calculs qui, en effet, ne sont pas aisés. Là encore pas d’excuses, l’application M-CARE les fait toute seule !
Téléchargez gratuitement le logiciel M-CARE et sa notice

Forts de cette implication, nous nous devions d’être les premiers à proposer un stage de formation Inter-Entreprises sur ce sujet. J’animerai cette formation du 3 au 5 avril prochain, à Clermont-Fd.
Pour télécharger le programme et vous inscrire

Pour les « étalonneurs » qui me lisent : En participant, vous serez parmi les premiers à maitriser les concepts du guide CFM, les subtilités de l’utilisation de l’application M-CARE. Vous serez aussi, et peut être surtout, les premiers à pouvoir proposer cette nouvelle prestation à vos clients (Internes ou Externes).

Cette évolution est inexorable et souhaitable. La complexité indiscutable coté « étalonneur » ne peut pas être une excuse pour priver l’utilisateur de la seule conclusion qui l’intéresse : Dois-je corriger les résultats de mesure et, le cas échéant, suivant quel modèle et avec quelles incertitudes associées ?

Ne vous laissez pas surprendre par les demandes de vos clients, devancez les ! 

 

Ps : Je publierai prochainement, en exclusivité sur ce blog, une démarche innovante visant à déterminer la dérive d’un instrument « mesureur » via l’analyse de la signature des processus d’étalonnage et des résultats d’étalonnage successifs. Le facteur « dérive » est souvent un des facteurs les plus importants dans les calculs d’incertitude d’étalonnage. En maitrisant mieux ce terme, peut être pourrez vous améliorer, en les diminuant, vos incertitudes d’étalonnage et devenir ainsi, à moindre coût, plus compétitif !

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