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Norme NF ISO 22514-7

La norme NF ISO 22514-7 est publiée en Janvier 2013 dans la collection des normes AFNOR.

Elle traite de l’aptitude des processus de mesure. Elle situe la problématique de l’aptitude des processus de mesure dans le cadre du suivi de production, c’est à dire de la Maitrise Statistique des Procédés (MSP ou SPC). J’ai écrit, en mai 1012, pour la revue Contrôles Essais Mesures, un article sur le sujet de la Capabilité (synonyme d’Aptitude dans le vocabulaire du Métrologue) où je soulignais l’origine de cette notion qui a « glissé » vers une capabilité « tout court », sensée définir l’aptitude d’un processus de mesure à déclarer la conformité d’un objet. Dans cette norme, il s’agit bien, pour le processus, d’être apte à déterminer les paramètres d’un process de fabrication, ce qui est très différent !

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Cette norme permet donc de donner enfin une définition à ce concept d’aptitude dans un contexte particulier. La norme ISO / IEC GUIDE 98-4, sortie en 2012, traite, quant à elle, de la déclaration de conformité « tout court ». Ces deux aspects de la « capabilité » sont donc maintenant clairement identifiés, c’est une bonne nouvelle !

On peut simplement reprocher à la norme NF ISO 22514-7 quelques préconisations qui me semblent discutables. Elle distingue le système de mesure  et le processus de mesure (dont acte) mas elle impose au premier un ratio (CMS ou QMS suivant le sens) probablement intenable et inutile. Ce vieux réflexe de vouloir considérer à tout prix l’instrument avant toute chose conduit à ce genre d’exigence inutile.

En effet, ce qui compte réellement, c’est l’aptitude du processus de mesure (CMP ou QMP). Le poids du système de mesure dans l’

aptitude du processus de mesure doit être considéré dans les stratégies à mettre en œuvre pour garantir CMP ou QMP. Si l’instrument « pèse lourd », les étalonnages seront plus fréquents et les surveillances plus poussées. S’il « pèse peu », le Métrologue devra s’intéresser à la maitrise des facteurs les plus importants et il pourra alléger le suivi de l’instrument.

De façon plus anecdotique, cette norme propose, comme dans certaines pratiques, de comparer l’écart-type de répétabilité (évalué en général par une méthode de type A) et l’écart-type de « résolution », estimé quant à lui par une méthode de type B (Paragraphe 6.2.2.3). Elle préconise finalement de garder le plus grand. .

Je ne suis pas d’accord du tout avec cette approche !! En effet, les évaluations de type B sont d’une qualité médiocre (voire pire) car de nombreuses approximations sont nécessaires. Je ne pense donc pas qu’on puisse donner plus de crédit à un écart-type obtenu par une méthode de type B qu’à un écart-type obtenu par une méthode de type A. Pour ma part, je considère que si on observe des variations lors d’un test de répétabilité (Ecart-type différent de 0), l’erreur « de résolution » s’est exprimée et il est inutile de la considérer une seconde fois, en « type B ». En revanche, si l’écart-type de répétabilité est égal à 0, il n’y a pas d’autre choix que d’estimer, par une méthode de type B, l’effet « Résolution » dans le bilan des causes d’incertitude.

Il y aurait bien d’autres commentaires à faire et je m’en tiens pour l’instant au principal…

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